Chers profs …

2Chers profs,

Vous le savez, je vous l’ai déjà dit, je vous admire beaucoup.  C’est pour ça que je vous écris une petite lettre pour vous prévenir de ce qui se passe présentement chez nous.

Je sais, j’ai vu vos nombreux messages en disant que l’année n’est pas finie et que mon enfant doit être reposé.  Croyez moi, j’essaie.  Honnêtement, si j’étais capable je les coucherais ben ben de bonne heure pour regarder Netflix.  Sauf qu’il fait clair à 19h30 et que même si je les mets au lit, mes enfants ne dorment pas.  Mais sachez le, j’essaie à tous les soirs.  Parce que moi, contrairement à eux, j’ai hâte d’aller me coucher.

J’ai aussi vu, à mon grand désespoir, la feuille qui parle de la communication orale.  Si il y a 5 ans, je trouvais donc que c’était une bonne idée de faire plein d’enfants rapprochés, ben aujourd’hui, en aidant 3 fillettes à pratiquer leurs exposés, je rage un peu.  Si en hiver c’est déjà, hum, ennuyant, de s’occuper de ça, au mois de juin j’ai eu un p’tit goût de vomi dans la bouche en pensant aux pratiques et au powerpoint que je vais devoir gosser pour illustrer leurs propos.

Ah, et vous avez sans doute remarqué la boite à lunch qui contient pratiquement la même chose tous les jours.  C’est parce que voyez vous, je commence à en avoir assez des collations.  Et mes enfants ont décidé que c’était pas l’fun de manger des pommes.  Ni des bananes.  Les kiwis c’est trop coulant maman.  Ah, pis les fraises ça tâche.  Peux tu acheter du melon d’eau?  Oui, pour que j’en mange juste une fois et que je te dise que j’en veux pu.  Finalement je veux juste des compotes en sachets.    J’abdique, j’achète des affaires toutes faites parce que juste à penser à remplir une autre boire à lunch j’ai la nausée.

Vous avez peut-être vu que mes filles qui étaient si bien coiffées au mois d’août, se contentent maintenant de queue de cheval un peu croches.  C’est parce que l’idée de me faire crier dans les oreilles comme si je les scalpais me donne de l’urticaire.  Faque queue de cheval.  Je vous promets qu’à la rentrée je recommencerai à me forcer.

Y’a aussi l’habillement.  Je sais, il y a 4325 règles au code vestimentaire.  Mais j’ai pas envie de me battre avec ma fille qui veut absolument mettre sa robe fleurie qui n’a pas la largeur de bretelles réglementaire.  Faites comme moi, fermez les yeux, pis dites vous qu’à 45 degrés à peu près dans les classes pas climatisée, un pouce de tissu de moins c’est ben correct.

Je sais, la fin de l’année approche, faut travailler fort jusqu’au bout.  Je vous promets, je garde tous mes efforts pour la révision, mais laissez moi mettre le reste un peu de côté, parce que moi aussi j’ai hâte aux vacances.  (Pis je le sais, même si vous les aimez, vous aussi vous avez hâte de vous reposer.  )

Merci,

La mère-cernée-fatiguée-qui-se-disait-que-ça-serait-donc-plus-facile-quand-les-enfants-seraient-plus-vieux-mais-qui-avait-aucune-idée-de-ce-qui-l’attendait.

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Jeudi confession

12930961_103672870038208_1287603767_nChaque année l’école de mes enfants fait une sortie au Salon du livre de Québec. Chaque année je me propose pour être bénévole.  Parce que tsé, je suis un peu gaga quand il s’agit de littérature jeunesse. Et que l’expérience d’envoyer un enfant avec des sous sans ma supervision une année ne fût pas des plus concluantes.  (Voulez vous bien me dire quel enfant choisi de revenir avec un livre de grammaire?!?)

J’adore mes enfants.  J’adore les livres.  Mais, je dois me confesser, chaque année, lorsque je reviens, je me répète la même chose :  faudrait me payer cher en mausus pour que je sois professeur.  Clairement, ça prend un dévouement et une patience que je n’ai pas, sauf peut-être pour ma progéniture.  Entre les batailles pour tenir ma main, les « j’ai chaud, j’ai faim, j’ai oublié mon gant, est-ce qu’on peut aller aux toilettes, est-ce que on peut retourner voir ce stand pour la 943ème fois »  et le son assez assourdissant de 50 élèves dans un autobus jaune pas mal excités d’aller dans la grande ville, après quelques heures j’ai mon quota pour quelques mois.   Et, peut-être parce que je suis vraiment fine, ou parce qu’on a plus ou moins confiance en mes capacités, on me confie toujours un p’tit groupe d’élèves les plus sages de la classe.  Clairement, ça prend la vocation pour être prof.  Vous avez toute mon admiration!

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