Les livres, pour tous

Question de perpétuer le stéréotype de la mère de famille nombreuse, j’étais en train d’arpenter les allées du Costco le plus près de chez moi. Ben oui, j’ai pleins d’enfants et j’achète mon ketchup en caisse de 2134. Et, quand je suis chez Costco, je prends toujours le temps d’aller voir les livres – je n’ai pas de librairie dans mon village de campagne – et d’en acheter un peu trop pour ajouter à notre collection.

Jusqu’à hier, j’achètais n’importe quoi. En fait, j’achetais ce qui plaisait à mes enfants. Des Agent Jean, des Garfield, des recueils d’histoires classiques, des livres sur les animaux, des livres sur les catastrophes naturelles, des coffrets de La vie compliquée de Léa Olivier, des cherche et trouve, des imagiers et j’en passe.  Mais là, hier, j’ai réalisé que tout ce temps je m’étais trompée.  Parce que j’ai vu ça :

Apparement,selon les Éditions Caractère, faut regarder dans ses p’tites culottes avant de choisir l’histoire qu’on lira.  Et moi, tout ce temps, qui lisait la même histoire du soir à mes enfants.

 

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J’ai l’indignation variable. J’ai à peine haussé un sourcil lorsque tout le monde s’indignait devant les Lego roses. Mon fils joue avec, comme ses soeurs jouent avec les Lego de Star Wars.  Mes filles portent du rose.  Mais aussi du bleu, du jaune, du vert pis toute le reste. Mon fils fait des casse-tête de Avengers mais aussi ceux de la Reine des neiges.  Ma fille est allée à l’école déguisée en Spiderman et fiston revêt parfois la robe de Elsa. Chez nous, y’a rien qui est réservé aux garçons, rien qui est l’affaire des filles. J’ai souvent repris mes enfants qui parlait d’un truc comme d’une affaire appartenant à un sexe ou l’autre.

Mais jamais jusqu’ici, mes enfants ne m’ont dit « Ah, ça c’est une histoire de filles » .  Nope. Chez nous la lecture c’est quelque chose qu’on partage en famille.

On lit des histoires de princesses. Des histoires de chevaliers. Des livres sur les Avengers. Un dictionnaires sur les monstres.  On a un gros faible pour les livres d’Élise Gravel.  Tout ça tout le monde ensemble. Gars et filles. Pis de mettre un sexe sur les histoires, je trouve ça … ne mâchons pas nos mots, profondément débile.

Alors pour vous, Costco et les Éditions Caractère, quelques photos qui vous permettront de constater que oui, filles et garçons peuvent apprécier les mêmes histoires et qu’on a pas besoin de mettre un genre dessus.

 

Oui, oui, on peut tous lire les mêmes livres

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Jeudi confession

Cette semaine, j’ai hésité avant de faire cette confession.  Par peur du jugement peut-être.  Parce qu’après avoir lu des discussions sur le sujet, j’ai vu que j’étais probablement dans la minorité et qu’on serait peut-être pas loin de me traiter de mère indigne, dans le vrai sens du terme.  Mais bon, je me dis dans la vie faut assumer ses choix, alors je le fais.

Je me confesse : je laisse mes enfants jouer dehors tous seuls.  Sans adultes.  Parce qu’à la gang d’enfants qu’il y a dans le voisinage – ou juste dans ma maison – ils ne sont jamais vraiment seuls. Et non, ma cour n’est pas clotûrée.

Pour les parents qui habitent dans ma campagne, ça semble sûrement anodin, après tout je vois plein, plein d’enfants dehors seuls, sans que personne ne s’en étonne.  Pour d’autres ça semble sûrement irresponsable, je le sais, j’ai lu les commentaires sur un article parlant de deux enfants qui allaient seuls au parc. Mais dans notre situation, ça me semble raisonnable. J’ai envie de faire confiance à mes enfants, de leur laisser cette liberté là, qu’ils jouent dehors comme moi je l’ai fait. Et contrairement à ce qu’on peut croire, y’a pas plus d’enlèvements que dans »notre temps », c’est même l’inverse.

Bien oui, souvent moi aussi je suis dehors (parce que tsé, j’aime bien pouvoir me sauver des tâches ménagères), mais y’a aussi des moments où je suis dans la maison et je vis bien avec ça.

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Humilier sa mère au grand air.

Avec le retour du beau temps, mes enfants m’ont demandé si on pouvait faire un pique-nique.  Comme on devait aller en gang au cours de piano de la plus vieille, j’ai décidé de leur faire plaisir et de luncher sur le bord du fleuve avant d’aller s’enfermer dans un ancien presbythère et de mettre des pantoufles en phantex.  (Le plaisir de mes enfants, tsé).

Avant de partir, les filles me demandent si elles peuvent apporter un jouet. Pas de problème, aidée par la température qui me met un sourire dans la face, je suis une mère cool.  Elles jettent leur dévolu sur un espèce de cochon en plastique qui a un micro et des cheveux, faque dans leur jeu c’est une fille.

On est sur le bord du fleuve, on est clairement pas les seuls à avoir eu l’idée de sortir ici, il y a beaucoup de monde.  Les enfants finissent de manger avant moi, partent avec leur cochon en plastique et vont jouer un peu plus loin.

C’est quand j’ai la bouche pleine que je les entends, parce que tsé des enfants ça parle toujours fort lorsque vient le temps de faire rougir leurs parents.

–  Heille, moi je suis la fille cochonne.

– Ben moi je suis la mère chochonne.

–  Ok, d’abord, on est une famille de cochonnes.

 

Après avoir avalé ma bouchée de travers et sous les regards un peu trop amusés des passants, je suis aller leur rappeler qu’on ne disait pas une cochonne pour une femelle cochon pis je les ai attirés à l’intérieur avant que leur jeu ne dégénère.   J’avais eu ma dose d’humiliation pour la journée.

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La St-Valentin idéale

La venue des enfants a changé pas mal de choses dans ma vie.   Entre autres, mes attentes.  La St-Valentin approche et je dois dire que j’ai maintenant une idée du romantisme pas mal moins difficile à satisfaire.

 

Avant les enfants, j’espèrais un repas dans un bon restaurant.

Après les enfants j’espère un repas que je vais pouvoir manger chaud.   Encore plus romantique si je ne l’ai pas cuisiné moi-même.

 

Avant les enfants, j’aurais trouvé ça vraiment romantique que mon chum me rapporte des fleurs.

Après les enfants, si mon chum arrête quelque part, j’aimerais que ce soit à l’épicerie pour que je n’aie pas besoin de sortir acheter du lait le lendemain.

 

Avant les enfants, une soirée au cinéma en amoureux me semblait une excellente idée.

Après les enfants, une soirée chez nous, en mou, me semble pas mal plus attirante.

 

Avant les enfants, une boite de chocolats fins à manger dans les jours à venir, quelle excellente idée.

Après les enfants, n’importe quel chocolat – idéalement acheté en liquidation le lendemain –  que je peux manger en cachette quand les enfants sont dans la douche.

 

Avant les enfants, j’aurais adoré une nuit à l’hôtel en amoureux.

Après les enfants, j’adorais une nuit seule à l’hôtel pour dormir.

 

Avant les enfants, une fondue pour souper me semblait un excellent choix.

Après les enfants, n’importe quoi sauf de la fondue, où je vais passer mon temps à m’occuper de la bouffe des enfants et pas de la mienne.

 

Avant les enfants, c’était une belle attention de la part de mon chum de m’acheter un bijou.

Après les enfants, s’il vous plait, pas d’autre colliers que mes enfants vont casser.

 

Avant les enfants, après le souper on peut aller au lit, parce tsé …

Après les enfants, après le souper, on peut laisser tomber le bain, la vaisselle pis toute, parce que tsé …

 

Avant les enfants, se coller toute la soirée sur le divan semblait une excellente façon de passer la soirée.

Après les enfants, se coller en famille, sur le divan, manger des cochonneries, lire des histoires me semble une excellente façon de passer de la soirée, parce que la St-Valentin c’est peut-être quétaine, mais c’est une excuse parfaite pour passer du temps avec ceux qu’on aime.

 

 

 

 

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