Jeudi confession

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Je me confesse , je suis une menteuse.   Je sais, je sais, c’est un vilain défaut, je vais probablement finir en enfer et vous venez de perdre le peu d’estime pour moi qu’il vous restait après tous ces jeudi confession.  Mais je mens pour une bonne cause :  ma santé mentale.  Puis bon, le plus souvent je mens aux inconnus.

Mais là, vous vous dites: quelle horible personne, moi je dis toujours la vérité!  J’étais comme vous avant.

Moi il y a 6 ans et demi, avec Zucchini à l’épicerie.   P’tite madame s’approche de nous alors que nous sommes dans la file pour payer.

–  Hoon, le beau bébé.

–  Merci.

–  Est-ce que vous la nourrissez?  (Pour une raison inconnue les vieilles madames demandent toujours ça.  Comme si le terme nourrir ne s’appliquait pas à ceux qui donnent le biberon.  Je rigole toujours quand ma belle-mère me demande :  Le nourris-tu encore ?  J’ai toujours envie de répondre, non je le laisse mourir de faim.)

– Oui.  (Je suis honnête mais laconique!)

–  Est-ce qu’elle fait ses nuits?

–  Non.

Et là ça commence :  Oh, mais elle commence à être vieille pour se réveiller la nuit.  Faut couper le lait la nuit.  Faut la laisser pleurer elle va se faire des poumons.

Et là, moi-de-6-ans-et-demi-avant fière de mes principes et armées de mes années d’argumentations ( Quand tu étudies en philo et que tu sors dans un bar et qu’un gars t’abordes en demandant en quoi t’étudies, tu apprends à argumenter.   Parce que nécessairement une des trois phrases qui suit va sortir de sa bouche :  – Oh, pis, est-ce que Dieu existe?  –  Hein, qu’est-ce que tu vas faire avec ça?   –  Tu dois être lesbienne, hein?  puis parfois vient la 4eme :  Tu vas pas me psychanaliser là!  parce que on confond parfois philo et psycho.  Bref.)  je me dis que je vais éduquer la p’tite madame en lui donnant des arguments en faveur de mes choix. Mais contrairement à quand je devais expliquer au gars qui étudie en Génie Mécanique que oui, on pouvait aller à l’école pour le plaisir, là quand je m’évertue à expliquer à la madame bouchée que c’est pas en laissant pleurer mon bébé que je vais être plus heureuse dans la vie, y’a quelque chose qui a changé :  j’ai plus le temps de m’obstiner avec du monde qui de toute façon vont me prendre pour une cinglée, quoi que je dise.  Parce que le 5 minutes de plus à l’épicerie va se transformer en bébé qui a faim/a fait pipi et/ou caca dans sa couche, qui a chaud , qui est fatigué et bébé va me le faire payer soit directement là, soit dans la voiture ou peut-être à la maison.

Alors je mens.  Moi-aujourd’hui-et-4-enfants-plus-tard:

-Oh, la belle p’tite fille.

-Merci.  (Non, je ne corrige même pas ceux qui pense que le bébé assis dans le panier avec une tuque bleue, et un gilet avec un camion dessus c’est une fille.  Je payerai une thérapie à Junior plus tard.)

– Est-ce que vous le nourrissez?

-Oui.

-Est-ce qu’il fait ses nuits?

– Oui.  (et dans ma tête HAHAHAHAHAHA!)

–  Chanceuse ! (et à ce moment, c’est important de mentir si vous ne voulez pas entendre l’histoire de sa nièce qui elle avait un bébé qui ne faisait pas ses nuits et qui est devenu un enfant roi parce que ses parents, abjects personnages LE CONSOLAIT la nuit.  Horreur.)

Moi freinant l’élan de la madame :  Oh, mais là le pauvre il dort mal, je pense qu’il a couvre la gastro de ses soeurs.

La madame prétexte alors avoir oublié quelque chose et déguerpit rapidement.   La paix.   Alors, je me confesse, je suis une menteuse et je m’assume.

3 commentaires

  1. Qui n’a jamais menti pour se débarrasser des inconnus qui nous abordent 😉

    J’avoue que le truc de la gastro doit fonctionner à tout coup par contre!

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