Humilier sa mère, même en plein-air

1

Enfin le printemps.  J’aime sortir les vélos.  Dessiner dans notre entrée avec de la craie.   La neige qui fond.  Recommencer à se balancer.  Mes enfants qui sont encore plus heureux que d’habitude d’aller jouer dehors.

Junior, printemps ou pas, adore explorer.   Il se promène un peu partout dans la cour, grime sur l’immense montagne de neige, tente de se sauver chez les voisins.   Une fois de temps à autre, je dois aller l’attraper ou le secourir.   Cette semaine il était pris dans le haut de la montagne, incapable de redescendre, alors je suis grimpée pour l’aider.   Puis je suis descendue avec lui, je l’ai déposé à mi-chemin, il s’est mis à courrir, heureux d’être libéré.  Je l’ai suivi.

Pis le printemps – et la neige qui fond – m’a rappelé que je n’avais plus la forme de mes 5 ans.  Ou plutôt que j’avais trop de formes.   Parce que si Junior descendait gracieusement du banc de neige, moi je me suis ramassée avec de la neige jusqu’à la taille.  Incapable de sortir de là.   Toute seule à la maison avec Junior (qui se foutait un peu de mon malheur) et Fillette Dragon un peu perplexe devant ma situation.   J’avais beau tirer, j’étais coincée.   Chéri serait de retour seulement le lendemain.   Fillette m’a proposé d’appeler les pompiers (j’imagine leurs têtes à la vue d’une grosse madame prise dans sa montagne de neige).   Après quelques voitures qui sont passées, les conducteurs me dévisageant drôlement, j’ai finalement réussi à sortir un pied de ma botte – qui elle était toujours prise dans les fins fonds de l’accumulation de neige – et me rouler jusqu’en bas de la montagne en pieds de bas pour attraper mon fils qui se sauvait dans la rue.  Juste à temps pour remarquer mon voisin qui me dévisageait étrangement.

Bref, j’entretiens ma réputation d’étrange du village.

 

3 commentaires

  1. Ah ah ! Je me permets de rire parce que j’ai vécu presque la même chose cette semaine !
    J’ai une garderie en milieu familial et une cour pas clôturée qui donne sur un boisé. L’une des plus jeunes de mes protégés, deux ans tout juste, a fait une joyeuse fugue dans le bois en question… et moi de courir pour la rattraper et de me retrouver calée dans la neige jusqu’à la taille.
    Extirper la première jambe a été un jeu d’enfant, mais l’autre, impossible. J’étais là, plantée comme le premier piquet d’une clôture inachevée, incapable de me dépétrer… avec une enfant en fuite, un bébé qui attendait son lait et 4 spectatrices de moins de 5 ans rigolant à s’en faire mal aux côtes au lieu de m’aider… Ça m’a pris une pelle en plastique d’enfant et au moins trente micro-pelletées de neige pour me libérer.
    Je suis sûre que ma voisine, qui aime bien me surveiller pour me juger, s’en donne à coeur joie !

  2. Ben là, ce n’est pas une question de forme! Un enfant de cinq ans, ça pèse le tiers d’un adulte! C’est sûr que ça n’enfonce pas dans la neige, un corps de 35 livres!

Laisser un commentaire

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *